RIGA.
Riga est la capitale animée de la Lettonie.
Le premier des comptoirs hanséatiques,
qui fut tour à tour allemand, polonais,
suédois, russe, et enfin letton, offre
une architecture éclectique. Ce mélange
se reflète sur les bâtiments
de la ville en un puzzle fascinant d'architecture
massive et ornée : pignons gothiques,
frontons baroques, hôtels particuliers
néoclassiques, immeubles Art nouveau,
églises orthodoxes et cathédrales
luthériennes, maisons en bois, colosses
staliniens... Tous les styles ont ici droit
de cité.
S'étirant des deux côtés
de la rivière Dougava, la ville est
bâtie sur le site d'un ancien village
de pêcheurs. Le Vieux
Riga(Vecriga) est caractérisé par ses rues tortueuses si
étroites que les voisins peuvent se
serrer la main sans quitter leur maison. La
rue la plus étroite de Vieux Riga (court
passage entre les rues Jauniela et Tirgonu)
date du XVIIIe siècle. Il y a
de charmants bâtiments à voir
le long de la rive Est de la rivière.
A l'aube du XXe siècle, Riga, qui était
l'une des cités les plus prospères
de la Russie des tsars, connut un formidable
boom immobilier. C'était la vogue du
Jugendstill. Les architectes s'en donnèrent à coeur joie.
Ici, des griffons postés en haut des
perrons ; là, des femmes géantes
de style néogrec au sourire hiératique
portant des balcons sur leur tête ;
ailleurs, des fenêtres enguirlandées
de fleurs des champs ; plus loin, des
frises courant sous les corniches... Plus
de huit cents bâtiments ont survécu
aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale,
et témoignent de l'inventivité
de ces bâtisseurs dont le chef de file
s'appelait Mikhaïl
Eisenstein. Le père du réalisateur du Cuirassier
Potemkine et d'Ivan le Terrible. Sa fantaisie débridée atteint des sommets
dans la rue Alberta :
le long du trottoir de droite, en partant
de la rue Antonijas, se dressent de superbes
exemples du courant décoratif ou ornemental,
auquel on identifie le plus souvent ce mouvement.
En fin d'après-midi, un soleil rasant
vient donner encore plus de relief à
tous ces détails de pierre qui affleurent
les façades : masques, fleurs
et plantes, draperies, liserés, écussons,
lances...
Pendant que s'épanouissaient ces extravagances,
on n'en continuait pas moins à construire
des maisons de bois
à la mode slave. Situées sur
la rive gauche de la Daugava, elles forment
aujourd'hui un patrimoine unique en Europe
par son importance. Ces fragiles habitations
offrent au regard du visiteur leurs façades
pastel, bardées d'échauguettes,
coiffées d'un toit à double
pente et timbrées de fenêtres
à petits carreaux, ciselées
d'arcatures.
Toujours en bois, les longues maisons à
un étage de l'avenue
Maskava annoncent l'ère industrielle. Construites en batterie
dans la seconde moitié du XIXe siècle
pour abriter les dockers et les pêcheurs,
elles préfigurent les constructions
ouvrières. Mais ici, les façades
de guingois déployées en arc-en-ciel
pastel gardent toute leur humanité.
Une humanité qu'on appréciera
en empruntant le tram n°7 qui bringuebale
le long de cette avenue.
La Rigas Doms (cathédrale Sainte-Marie) possède un style
mélangé d'architecture ; les
fondations furent posées en 1211 mais
la cathédrale fut reconstruite et des
parties ajoutées plusieurs fois. L'orgue,
construit en 1884, compte 6 718 tuyaux et
fut autrefois le plus grand du monde. Tout
près de la cathédrale se trouve
le musée d'Histoire
et de la Navigation de Riga. Il fut fondé en 1773 et est le plus ancien de la
région baltique. Il comprend des expositions
sur l'archéologie, la numismatique,
des expositions de photographies, d'arts appliqués
et d'objets ménagers.
Riga possède d'autres églises
qui valent la peine d'être visitées
: l'église Saint-Jacob date du XIIIe siècle et a une histoire mouvementée.
Elle servit comme église pour les habitants
de la région mais pendant la Réforme
fut donnée aux Luthériens et
en 1582 aux Jésuites. Au XVIIe siècle,
elle servit de garnison suédoise et
elle est actuellement une cathédrale
catholique. L'église
Saint-Pierre date aussi du XIIIe siècle mais elle fut reconstruite
plusieurs fois et elle est aujourd'hui un
superbe exemple d'architecture gothique. Le
sommet de la tour offre une magnifique vuede Riga. L'église Saint-Jean fut construite en 1234 par les Dominicains et elle servit
de chapelle. L'église
des Réformateurs, construite entre 1727 et 1733, est la seule église
de style baroque à Riga. L'église
Saint-George, bâtie sur la base du premier château de Riga,
abrite actuellement le musée
d'Art décoratif et appliqué avec de belles collections de céramiques, de bijoux
et de tapisseries.
Le château de Riga fut construit par l'ordre teutonique-livonien à
partir de 1330. Les habitants de la ville
le détruisirent en 1484 mais furent
forcés de le reconstruire en 1515.
Aujourd'hui, le château abrite le musée
de l'Histoire lettone (fondé en 1869) avec une belle collection d'objets
sur la Lettonie ancienne (de 9 000 ans
avant J.-C. jusqu'au XIIe siècle),
et le musée
Rainis de la Littérature et des Arts
d'Histoire de Lettonie. Riga possède d'autres musées intéressants
comme
le musée Letton
de l'Occupation qui décrit la première invasion soviétique,
le musée Letton
de plein air qui rassemble 90 bâtiments ruraux des XVIIIe et XIXe siècles.
La visite de la ville comprend aussi le parlement,
la tour poudrière(Pulvertonis, seule tour de ville restante), la Petite
Guilde et la Grande Guilde(Liela Gilde), le canal de ville, le Théâtre National et
les Trois Frères
(Tris brali), trois maisons côte-à-côte datant respectivement
des XVe, XVIIe et XVIIIe siècles.
Riga est enfin un régal pour les amoureux
de musique, avec de nombreux clubs de rocks,
de blues et de jazz et des représentations
de musique classique de l'excellent orchestre
philharmonique de Lettonie.