TYROL. « Le Tyrol est une grossière
blouse de paysan, avec de nombreux plis, mais elle tient bien
chaud. » Ainsi s'exprime sans détours, au XVe siècle, Maximilien
Ier. Culotté de peau, plume au chapeau, l'empereur, grand chasseur
et pêcheur devant l'Eternel, débusque le cerf dans le Karwendel
et attrape la truite dans l'Achensee.
Depuis la fin du règne des Habsbourg, rien n'a changé ou presque.
Les sentiers du Tyrol rayonnent toujours autour d'Innsbruck, sa capitale, dans toutes les directions,
à travers prés, à travers bois, vers la solitude tonique des
refuges. Le paysage ne fait jamais relâche. Dans le rôle principal,
le carroussel immobile de sept cents cimes immaculées. Pour
la figuration, les villages de santons, les légendaires stations
de Seefeld, Kitzbühel et St-Anton, les chalets patinés mordant la
lisière des sapins noirs, les clochers bulbeux, la douceur amortie
des longues pentes verdoyantes en été, un infini de blancheur,
en hiver, où le skieur dévide, avec ivresse, le fil sans fin
de sa trace.