RESPIRER.
Grâce à son ensoleillement et à une situation
exceptionnelle, Seefeld est une station de ski réputée
depuis les années 1920. Les jeux Olympiques de 1964
et 1976 ont contribué ensuite à sa renommée
internationale. Balades en traîneau, patinage, curling,
snowboard : ici, on ne se limite plus depuis longtemps
au ski traditionnel.
Ski de fond
Seefeld est prodigue. Deux cents cinquante kilomètres
de pistes de ski de fond encerclent la vallée. On s'enfonce
alors sous le couvert des hêtraies alourdies de givre.
Des espaces vierges ? Pas tout à fait. A voir
les empreintes un peu partout, on devine qu'on n'est pas les
premiers. Le chamois est passé. La marmotte aussi.
On entend le grondement lointain des séracs qui dégringolent.
Le vent siffle comme une flèche taillée dans
l'essence de pin. Des choucas volettent au-dessus des sommets.
Le bouillonnement d'une cascade rend le silence plus palpable.
On randonne à son rythme dans un univers
moelleux et féérique.
La montagne en sa gracieuse majesté ne joue pas l'écrasement.
Ses attributs d'exception - l'immobilité et la
verticalité - offrent à notre imagination
l'ultime refuge et le suprême fragment d'impossible
que la terre possède encore.
Thermalisme et bien-être
Ici, la nature nous veut du bien. Elle n'est pas la seule.
Les géants malfaisants ont des sursauts d'abnégation.
Thyrsus, blessé
à mort dans un combat, se réfugie dans les rochers.
Son dernier cri d'agonisant : « Coule sang
innocent, sois bon pour les bêtes et les hommes »
a des accents altruistes. Et des effets bénéfiques
sur les roches sédimentaires. Les siècles passent,
le minéral travaille. Des géologues découvrent
un gisement de schiste bitumeux inhabituel, vite exploité
à des fins curatives. Depuis 1350, le «
sang de Thyrsus » est commercialisé
sous forme de baumes et lotions qui guérissent tous
les maux. Ce remède miraculeux est-il à l'origine
de la « Gemütlichkeit », ce bien-être
à l'autrichienne ?
A Seefeld, les bouffées d'air pur favorisent une certaine
euphorie. Les jolies dirndl,
les filles aux nattes relevées sur le devant de la
tête, les parasols rouges des punschbars
où l'on sert des jus d'orange dopés au rhum,
le tintinnabulement des traîneaux tirés par des
haslingers à
crinière jaune, le loden narguant la microfibre, les
églises baroques, douces et nacrées comme des
dragées, la langue elle-même qui se délie
dans des nuances musicales, y jouent une mélodie à
trois temps. Autochtones ou vacanciers, tout le monde la fredonne.
Normal, c'est la mélodie du bonheur.